คาสิโนลาว ออนไลน์_สล็อต3แถว_คาสิโนฟรีไม่มีเงินฝากถอนได้2019

L’espace culturel Sobo Badè et son complexe aux formes hallucinantes, du cubisme sur fond africain
Photo: Hélène Boucher L’espace culturel Sobo Badè et son complexe aux formes hallucinantes, du cubisme sur fond africain

Sur les murs de la capitale sénégalaise, un lion rugit en permanence. Symbole suprême de puissance, il incarne également l’hospitalité du pays?: la ??Teranga??. à quelques semaines de l’élection présidentielle du 24?février, les programmes des candidats sont à peine dévoilés, mais la vie culturelle livre son flot de vitalité. à Dakar, dans la banlieue de Guédiawaye ou au village de Toubab-Dialaw, l’art s’affiche et se meut dans ses formes originales et contemporaines.

Le génie mystique Sow

L’homme fut sculpteur autodidacte. à 7?ans, il se faufile dans le circuit scolaire fran?ais, parallèlement à son imprégnation coranique, et s’empare de morceaux de calcaire sur les plages, les envisageant sous les formes de son prisme imaginaire. Puis, à 21?ans, Ousmane Sow s’élance à la découverte de Paris, plein d’idéal. Il y apprend la kinésithérapie, un métier qui en fera un virtuose de la biologie humaine, essence de sa création.

Le talent de ce discret personnage éclora aux yeux du monde entier en 1987, avec le concours du Centre culturel fran?ais de Dakar. Puis l’apothéose survient en 1999, avec l’exposition du pont des Arts, à laquelle trois millions d’admirateurs assisteront. Ses sculptures posent depuis leur socle monumental dans une vingtaine de villes, jusqu’à New York. Peu avant sa mort, en 2013, Sow devient le premier artiste africain auréolé par l’Académie des beaux-arts.

Photo: Hélène Boucher Une sculpture d’Ousmane Sow

Pour sa fille Marina, les gigantesques sculptures à l’armature métallique recouvertes de terre constituent un legs universel?: ??Au-delà des peuples représentés, le message derrière chaque ?uvre en est un de dignité et de respect, un langage qui va au-delà du continent africain.?? S’il évolue dans l’ombre jusqu’à ses 50?ans, le sculpteur aux doigts magiques a toujours cru en sa vocation créatrice. ??Il est resté dans cet anonymat, car il n’aurait jamais pensé que sa passion pour la sculpture serait une activité lucrative. Si on le lui avait dit, il ne l’aurait jamais cru??, témoigne l’instigatrice du musée Maison Ousmane Sow, ouvert depuis décembre dernier.

S’il est un mouvement libérateur pour la jeunesse sénégalaise, c’est bien le hip-hop. Depuis les années 1980, les amateurs sont légion, parmi les plus célèbres Daara J Family ou Positive Black Soul. Dans cette cohorte de choc, un collectif alternatif se démarque?: Y’en a marre. Composé de journalistes et d’artistes de la parole vive, tels que Malal Tall, alias Fou malade, rappeur de 44?ans, la force de frappe créée en 2011 a soutenu des luttes citoyennes au Sénégal et en Afrique centrale. Des coups d’éclat prodémocratiques ayant mené certaines personnes derrière les barreaux.

Ce qui m’importe dans la vie, c’est la quête des facteurs communs entre le théatre, la poésie et la sculpture, dont le rythme est la clé. Lui seul génère l’harmonie et la justice, un concept unitaire.

à la veille des élections, Fou malade déplore le fait qu’aucun candidat n’aborde les préoccupations de la jeunesse, qui compose 67?% de la population nationale. ??Les jeunes ne font partie d’aucun programme politique. Le gouvernement de Macky Sall compte une centaine de ministres, mais pas même 1?% de jeunes?!??

Pour encourager les jeunes de sa banlieue, Guédiawaye, le brillant orateur a créé un centre culturel et utilise le hip-hop pour sensibiliser les jeunes à l’omportance de s’inscrire sur les listes électorales. ??Il faut aider les populations à décrypter le message politique??, lance l’organisateur de caravanes de mobilisation baptisées Urban Guerilla Poetry.

Au rythme de Toubab-Dialaw

à une heure et demie de la tonitruante et polluée capitale, un exode s’impose. Au village de Toubab-Dialaw, tous les habitants connaissent l’espace culturel Sobo Badè et son complexe aux formes fantaisistes, une sorte de cubisme sur fond africain. Gérard Chenet, charismatique Ha?tien de 91?ans, est l’ame et l’idéateur à la base de cette fusion du ??Sobo?? (dieu vaudou de l’orage) et de ??Badè?? (divinité de l’éclair, éclat de création des arts visuels).

Photo: Hélène Boucher ?Plénitude?, ?uvre de Gérard Chenet

Son incroyable destin de réfugié de la folie Duvalier des années 1970 le fera citoyen du monde au Canada, en Allemagne, en Russie, puis au Sénégal, où il endosse le r?le de conseiller au ministère de la Culture aux c?tés de Léopold Sédar Senghor, premier président du pays. Assoiffé d’art polymorphique, il a résolu une équation vitale?: ??Ce qui m’importe dans la vie, c’est la quête des facteurs communs entre le théatre, la poésie et la sculpture, dont le rythme est la clé. Lui seul génère l’harmonie et la justice, un concept unitaire. D’autres ont cherché avant moi, Einstein et Charon, mais cela ne m’a jamais parlé?!?? clame avec lucidité celui qui a c?toyé Aimé Césaire, André Maurois et André Breton.

Combien ?a co?te?

Comment s’y rendre?? Bien rusé qui rejoindra le tarmac de Blaise-Diagne International à partir de Montréal en évitant une escale?! Alors aussi bien opter pour une liaison par Casablanca, question de sentir les premiers soubresauts de ??Mama Africa??. Souvent moins onéreux, un vol sur Royal Air Maroc permet d’éviter l’habituelle escale en Europe. De janvier à mars, prévoir un budget minimal de 1500?$ pour un aller-retour Montréal-Dakar. Joli coup politico-touristique pour Macky Sall, qui, en mai 2015, retirait pour tout voyageur de l’étranger l’obligation de se munir d’un visa. Dommage que la réciproque ne soit pas envisagée pour les voyageurs sénégalais…

Où loger?? Dakar étant une ville moderne aux infrastructures européennes, il est facile d’y dénicher un plan européen Radisson ou Novotel. Mais après un séjour dans l’enceinte écologique de Sobo Badè, avec ses fra?ches chambres de terre à vol d’oiseau de la plage idyllique, le voyage sénégalais se métamorphose en un ravissement. Des séances de yoga et de méditation, ainsi que des classes de danse africaine complètent ce séjour des sens. Chambre pour deux avec salle de bain partagée à partir de 12?000?FCFA la nuitée (28?$).

Quoi manger?? Une pléiade de restaurants s’offre aux gourmets en bord de l’océan. L’une de ses perles, le Noflaye Beach, établissement sur pilotis appartenant à la famille de feu France Gall qui avait adopté la douceur de la Teranga en élisant domicile sur l’?le de Ngor. Ses succulentes crêpes farcies et son complet menu de plats traditionnels régaleront tous les estomacs.