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Après neuf ans à avoir été l’aidant naturel de son épouse, Jocelyne Lizotte, Michel Cadotte l’a étouffée avec un oreiller le 20 février 2017.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Après neuf ans à avoir été l’aidant naturel de son épouse, Jocelyne Lizotte, Michel Cadotte l’a étouffée avec un oreiller le 20 février 2017.

Le procès de Michel Cadotte, accusé d’avoir étouffé sa femme atteinte d’Alzheimer, a révélé les lourds fardeaux psychologiques, sociaux et économiques qui reposent sur les épaules des proches aidants, estime le Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ). Quel que soit le verdict, l’organisme réclame que les aidants naturels soient dorénavant eux aussi considérés comme des patients pour éviter un autre drame.

??Je pense qu’on a trop longtemps sous-estimé le drame humain qui se cache derrière la proche aidance??, soutient Mélanie Perroux, coordonnatrice générale du RANQ.

Après neuf ans à avoir été l’aidant naturel de son épouse, Jocelyne Lizotte, Michel Cadotte l’a étouffée avec un oreiller le 20?février 2017. Lors de son témoignage, il a expliqué avoir voulu mettre fin aux souffrances de sa femme.

Le sort de l’homme accusé de meurtre au deuxième degré a été placé mercredi entre les mains de douze jurés.

La question au coeur des délibérations sera de savoir si M.?Cadotte avait l’intention requise pour commettre le meurtre de son épouse, a expliqué la juge Di Salvo au jury. ??Ce sera la question cruciale??, a-t-elle insisté.

Je pense qu’on a trop longtemps sous-estimé le drame humain qui se cache derrière la proche aidance

?

La magistrate a rappelé que M.?Cadotte a admis avoir étouffé sa femme et par conséquent avoir causé sa mort. Ce que le jury devra déterminer, c’est si l’état mental de M.?Cadotte au moment précis du geste était ou non perturbé.

??Si vous avez un doute raisonnable sur l’élément d’intention, M.?Cadotte sera acquitté de meurtre au deuxième degré, mais reconnu coupable d’homicide involontaire??, a ajouté la juge.

Acquittement écarté

Rappelant les neuf années d’usure qu’il a subies, M.?Cadotte a tenté d’être acquitté il y a quelques jours en plaidant qu’il n’avait pas le choix de poser le geste ultime pour éviter davantage de souffrance à son épouse.

L’accusé a échoué à sa tentative d’obtenir une défense de nécessité. C’est que pour en bénéficier, il doit prouver qu’il n’avait d’autre choix que d’enfreindre la loi pour justifier le geste ??extrême?? qu’il a posé.

??Si j’associe dans ce dossier-ci la souffrance à un danger imminent, ils vont faire un line-up dans les CHSLD??, a-t-elle prédit.

La requête de M.?Cadotte se basait entre autres sur l’affaire Robert Latimer, qui en 1993 avait tué sa fille de 12?ans lourdement handicapée. Le drame avait mis à l’avant-scène le concept de meurtre commis par ??compassion??.

Pour excuser la responsabilité criminelle, la juge Di Salvo a rappelé à M.?Cadotte qu’il faut une situation urgente de danger imminent et évident. ??Rien n’était différent ce jour du 20?février 2017??, a estimé la juge.

??Nul ne doute que M.?Cadotte était affecté par l’état de sa conjointe, mais […] la situation de Mme?Lizotte était la même que la veille, que la semaine précédente et que les mois précédents […] Rien dans la preuve ne permettait à l’accusé de croire que sa situation serait modifiée au point de causer un danger pour elle. Au contraire, c’était statu quo??, a insisté la magistrate.

Elle a rappelé que le jour du drame, M.?Cadotte a dit que c’est après avoir mis sa femme au lit et tenté de placer l’oreiller qui glissait à trois reprises qu’il a décidé de mettre fin aux jours de son épouse.

Mme?Lizotte était atteinte de la maladie d’Alzheimer et avait complètement perdu son autonomie. Elle ne reconnaissait plus personne, elle ne pouvait manger que des aliments en purée et, en raison de son errance, elle devait être retenue par contention sur une chaise gériatrique toute la journée.

Bien que le tribunal e?t pu terminer l’analyse à ce stade-ci considérant cette conclusion, la juge Di Salvo s’est permis de commenter le deuxième critère, soit ??l’absence de solutions raisonnables et légales autres que d’enfreindre la loi??.

??Mme?Lizotte était hospitalisée dans un centre de soins prolongés où elle avait l’encadrement médical approprié. Un médecin, des infirmières, des préposées étaient présents de fa?on permanente. M.?Cadotte aurait pu recourir à l’aide professionnelle de ce personnel s’il y avait eu un danger imminent??, a noté la juge.

Par ailleurs, la juge Di Salvo a souligné que le mal infligé à Mme?Lizotte, soit la mort par suffocation, était totalement disproportionné par rapport au mal qu’a voulu lui éviter M.?Cadotte.

Pour Mme?Perroux, les idées d’homicide chez les aidants naturels sont plus courantes qu’on le pense.

??Surtout lorsqu’ils ont été témoins de la détérioration de l’état de santé de leur proche. C’est un sujet tabou, c’est rare qu’ils en parlent parce qu’ils ont honte qu’une telle pensée puisse leur traverser l’esprit??, souligne-t-elle.

Pour éviter que le dévouement d’un proche aidant l’épuise, une politique est nécessaire pour lui garantir un soutien, estime Mme?Perroux.

??Actuellement, il y a un débat sur l’aide médicale à mourir, mais ce n’est pas nécessairement l’action qui va le plus aider les proches aidants. C’est de soutien qu’ils ont besoin??, fait-elle valoir.