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Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er?décembre par le Canada à la demande des états-Unis, qui réclament son extradition.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er?décembre par le Canada à la demande des états-Unis, qui réclament son extradition.

Les doutes ne sont plus permis sur la nature de ce qui est reproché à la dirigeante financière de Huawei, Meng Wanzhou, que le Canada a appréhendée pour les états-Unis et qui en paye depuis le prix politique avec la Chine. Washington a levé le voile lundi sur la liste des 13 accusations pesant contre Mme?Meng, l’entreprise qu’elle dirige ainsi que ses entités affiliées.

??Les accusations décachetées sont le fruit d’années d’enquête du FBI et de ses partenaires responsables de l’application de la loi??, a fait valoir en conférence de presse le directeur du FBI, Christopher Wray. ??Dans la poursuite de ses ambitions commerciales, Huawei a eu recours à des pratiques commerciales malhonnêtes qui foulent au pied les principes ayant permis aux entreprises américaines et les états-Unis de prospérer.??

On reproche au géant technologique chinois d’avoir menti à propos de ses liens avec une entité affiliée iranienne, Skycom.

??Les employés de Huawei auraient dit aux banques que Huawei avait vendu ses intérêts dans Skycom alors que c’était faux. En réalité, Huawei s’était vendu Skycom à elle-même??, a renchéri le procureur général des états-Unis, Matthew Whitaker. Ce faisant, les quatre banques qui ont fait affaire avec Huawei ont contrevenu aux sanctions américaines visant l’Iran.

M.?Whitaker a soutenu que pour une seule banque, les transactions problématiques effectuées au cours des quatre dernières années totalisaient 100?millions de dollars.

L’entreprise a rejeté les accusations mardi matin (tard dans la soirée de lundi au Québec), se disant ??dé?ue?? de la situation. ??L’entreprise dément qu’elle, ou une de ses filiales ou sociétés affiliées, ait commis les violations supposées de la loi américaine énoncées dans chacun des actes d’accusation, n’a pas connaissance d’actes répréhensibles de la part de Mme?Meng et est persuadée que les tribunaux américains aboutiront à la même conclusion??, a-t-elle indiqué à l’Agence France-Presse.


La ?menace? dénoncée

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a insisté sur le fait qu’il n’existait aucun motif politique derrière l’affaire. ??Ces accusations constituent des actions d’application de la loi et sont totalement distinctes de nos négociations commerciales avec la Chine.??

Néanmoins, le directeur du FBI n’a pas manqué de souligner qu’il était risqué de laisser s’incruster aux états-Unis des entreprises aussi fortement infiltrées par des gouvernements de pays ne partageant pas les mêmes valeurs. ??L’influence immense qu’a le gouvernement chinois sur des sociétés comme Huawei représente une menace [à la sécurité et à la prospérité des états-Unis]??, a dit M.?Wray. Permettre à Huawei d’accéder au réseau de télécommunications 5G (ce que le Canada n’a pas encore exclu) ??donnerait à un gouvernement étranger la capacité de modifier avec malveillance ou de voler des informations, de mener des opérations d’espionnage qui ne seraient pas détectées ou d’exercer des pressions ou du contr?le??.

Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er?décembre par le Canada à la demande des états-Unis, qui réclament son extradition. Depuis, les relations diplomatiques entre Ottawa et Pékin sont extrêmement tendues?: deux Canadiens ont été arrêtés en Chine, ce que le Canada considère comme des arrestations arbitraires, et un troisième a vu sa peine de 15?ans d’emprisonnement pour trafic de stupéfiants être mutée en peine de mort. Le premier ministre Justin Trudeau a également qualifié cette peine d’arbitraire.

La Chine reproche au Canada d’être le valet des états-Unis dans cette affaire et de se laisser manipuler dans un jeu purement politique. Lorsque l’ambassadeur canadien en Chine, John McCallum, a tenté de rassurer un auditoire chinois en faisant valoir que Mme?Weng disposait de puissants arguments pour batir sa défense, il s’est fait critiquer par les commentateurs canadiens. Lorsqu’il en a remis deux jours plus tard en soutenant que ce ??serait bien?? si les états-Unis abandonnaient leur demande d’extradition et concluaient une entente avec la Chine, comportant une clause concernant les deux Canadiens emprisonnés, M.?Trudeau a demandé et obtenu sa démission.

Les responsables américains ayant pris part à la conférence de presse lundi ont pris acte de la collaboration canadienne. ??Nous sommes profondément reconnaissants envers le gouvernement du Canada pour son aide et son engagement sans faille envers la règle de droit??, a déclaré le procureur général. En coulisses à Ottawa, on souligne ??l’importance?? de ce commentaire.

Les états-Unis ont jusqu’à mercredi, le 30?janvier, pour déposer leurs documents et ainsi faire en sorte que le processus d’extradition suive son cours. Plus t?t dans la journée, le ministre canadien de la Justice, David Lametti, a refusé de commenter l’échéance qui approche, se bornant à rappeler que le Canada a ??des obligations en vertu du traité?? d’extradition avec les états-Unis et qu’il allait les honorer. Mme?Meng a été relachée à la mi-décembre à Vancouver moyennant une caution de 10?millions de dollars. Elle est soumise à un couvre-feu.

Pas d’envoyé spécial

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n’a pas parlé à son homologue chinois depuis longtemps. Tout au plus a-t-elle discuté ??plusieurs fois?? avec l’ambassadeur de la Chine en poste au Canada, depuis l’arrestation de Mme?Meng. Aucune conversation à propos de cette situation n’a eu lieu sur le plan politique.

Le NPD estime qu’il est temps de passer au niveau supérieur. Il faudrait que la ministre Freeland appelle son homologue et que le premier ministre fasse de même, soutient Hélène Laverdière. ??On nous dit tout le temps que M.?Trudeau est l’arme ultime [à ne pas utiliser trop t?t dans le processus], mais ce que je ne comprends pas très bien, c’est pourquoi M.?Trudeau ne pourrait pas parler aux autorités chinoises à plusieurs reprises.??

Mme?Laverdière estime, comme d’autres l’ont suggéré, que le Canada devrait dépêcher en Chine un envoyé spécial, ??quelqu’un qui est à un niveau assez élevé pour pouvoir prendre le téléphone et appeler le bureau du premier ministre??. En coulisses, on indique que ce scénario n’est pas étudié pour l’instant.

La ministre Freeland a expliqué que la démission de M.?McCallum était devenue inévitable parce qu’il s’était placé en situation ??intenable?? en contredisant le gouvernement. Le chef conservateur, Andrew Scheer, a reproché au gouvernement de ne pas l’avoir congédié plus t?t.

Les états-Unis ont par ailleurs annoncé lundi une série de 10 autres accusations visant des entités affiliées à Huawei, concernant cette fois avec le vol de secrets commerciaux.

Avec l'Agence France-Presse