โบนัสฟรี _คาสิโน สิงคโปร์ อายุ_คาสิโนบนมือถือ

Lorsque le Canada est devenu l’un des premiers pays à reconna?tre Juan Guaidó comme président intérimaire du Venezuela le 23?janvier dernier, plusieurs tenants du Nouveau Parti démocratique ont accusé le gouvernement de Justin Trudeau d’avoir embo?té le pas à Donald Trump et à Jair Bolsonaro en revendiquant le renversement du régime de Nicolás Maduro.

??C’est honteux que le gouvernement du Canada et Justin Trudeau se soient alignés avec Donald Trump et le voyou autoritaire Bolsonaro, le président du Brésil, en reconnaissant un coup d’état, un coup d’état illégal??, s’est insurgé l’ancien député Svend Robinson, qui brigue de nouveau un siège à la Chambre des communes dans une circonscription de Vancouver.

La députée manitobaine Nikki Ashton, qui s’était présentée à la dernière course à la chefferie de son parti, a renchéri dans un gazouillis en accusant M.?Trudeau de s’être rangé aux c?tés de M.?Trump et du ??fasciste?? Bolsonaro ??en appuyant quelqu’un qui revendique un coup militaire au Venezuela. Non?! On ne peut pas appuyer un programme de coups d’état économique ou militaire??.

Même le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, est intervenu en déclarant?: ??Le Canada ne devrait pas suivre l’exemple de la politique étrangère des états-Unis, particulièrement son long historique d’ingérence au service de ses propres intérêts dans la région.??

Or, on sait maintenant qu’il n’en était rien. Cela faisait des mois que le Canada travaillait en coulisses avec des pays latino-américains, réunis au sein du Groupe de Lima, pour aider l’opposition vénézuélienne à mettre fin au cauchemar que vivent des millions de Vénézuéliens depuis quelques années déjà. Dans les yeux du Canada et des autres membres du Groupe de Lima, le régime de M.?Maduro est devenu illégitime dès l’élection présidentielle de mai dernier, lorsque le successeur d’Hugo Chávez a réclamé une victoire éclatante malgré un faible taux de participation et des accusations de magouillage. Le Canada s’était alors joint aux états-Unis, au Mexique, au Chili et à l’Argentine en qualifiant le résultat de ces élections d’??anticonstitutionnel??.

En 2017, M.?Maduro s’était déjà arrogé l’essentiel des pouvoirs législatifs de l’Assemblée nationale, démocratiquement élue, en les confiant à une assemblée nationale constituante qui lui était fidèle. C’est d’ailleurs à ce moment-là que le Canada a participé à la création du Groupe de Lima, avec l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et quelques autres pays latino-américains. Les états-Unis n’ont pas été invités à se joindre au groupe pour ne pas donner l’impression qu’il s’agissait d’une initiative américaine pour déloger M.?Maduro afin de confier le contr?le des réserves pétrolières du pays, parmi les plus riches de la planète, à un gouvernement plus favorable aux intérêts américains. Au contraire, c’est à la demande des pays sud-américains démocratiques frappés par l’afflux de réfugiés vénézuéliens et inquiets pour l’avenir de leur propre région que le Canada avait décidé de s’impliquer directement.

Outre le désir de voir la démocratie rena?tre au Venezuela, la ministre canadienne?des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait de bonnes raisons pour appuyer cette initiative. Il n’est pas certain que le régime Maduro aurait pu survivre jusqu’ici sans l’appui du président de la Russie, Vladimir Poutine, et des entreprises russes, qui ont englouti des milliards de dollars dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Or, en tant que journaliste avant son entrée en politique, Mme?Freeland avait mené une campagne dans les médias internationaux afin d’isoler la Russie et d’empêcher que M.?Poutine n’étende son influence à l’extérieur de son propre pays. Ses interventions ont d’ailleurs tellement irrité le président russe qu’il l’a interdite de séjour en Russie. La fin du régime de M.?Maduro constituerait un sérieux revers pour M.?Poutine et ne ferait rien pour mettre fin à la guerre froide entre le président russe et Mme?Freeland, qui présidera une rencontre du Groupe de Lima lundi à Ottawa.

Une intervention militaire américaine au Venezuela risquerait de tout gacher et donnerait quelque peu raison aux critiques néodémocrates. Mais on n’y est pas encore. Pour l’instant, le Canada joue un r?le important pour aider le peuple vénézuélien à retrouver la voie de la démocratie et, avec elle, l’espoir d’un avenir meilleur.

Mea culpa

Dans ma chronique de la semaine dernière, j’ai écrit que le premier ministre Justin Trudeau ??ne donnera pas suite de sit?t aux demandes des critiques qui veulent qu’il congédie?? son ambassadeur en Chine, John McCallum. Or, c’est précisément ce qui s’est passé à peine vingt-quatre heures après la rédaction de ma chronique. Manifestement, j’avais sous-estimé la pression politique que subissait M.?Trudeau, surtout à la suite d’une autre déclaration de M.?McCallum, vendredi dernier, affirmant que l’abandon de la demande d’extradition américaine à l’endroit de Meng Wanzhou serait ??bien pour le Canada??. Comme chroniqueur, il n’est jamais agréable de voir ses propos se retourner contre soi. Mais je reconnais avoir parlé trop vite.

NOUVELLE INFOLETTRE

? Le Courrier des idées ?

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

  • Jean Thibaudeau - Abonné 2 février 2019 04 h 48

    Circulez! Il n'y a rien à voir.

    Maduro est soutenu par la Russie et par la Chine. Guaido par les pays occidentaux. Je ne pleurerai pas plus l'éventuel départ du premier que je fêterai l'accession au pouvoir du second. Je vais seulement continuer à m'attrister du sort des Vénézualiens.

    • เครดิต ทดลอง เล่น ฟรี 500 บาท

      Cyril Dionne - Abonné 2 février 2019 14 h 59

      Il n'y a rien à voir parce que le Venezuela, qui a embrassé la gauche avec ses licornes économiques, est dans le pétrin pour quelques générations. Les Vénézuéliens, qui clament maintenant le départ de Nicolas Maduro, étaient les mêmes qui étaient prêts à déchirer leur chemise par cette dictature de gauche. Ils ont élevé Hugo Chávez au rang de dieu alors que celui-ci n’a fait qu’emprunter et gaspiller des milliards que le Venezuela n’avait pas, le tout basé sur un prix du baril de pétrole à plus de 100$ américain. Celui qui s’est autoproclamé chef par intérim, Juan Guaido, ne fera pas mieux. Ce pays est endetté jusqu’au cou et les infrastructures sont tous en train de couler. Une Lada est toujours une Lada même si on change sa couleur.

      N’est stupide que la stupidité.

    • Gilles Théberge - Abonné 2 février 2019 16 h 18

      Vous avez raison monsieur Dionne « Celui qui s’est autoproclamé chef par intérim, Juan Guaido, ne fera pas mieux. Ce pays est endetté jusqu’au cou et les infrastructures sont tous en train de couler ». C'est vrai mais pour quelles raisons?.

      Ne voyez-vous pas les États Unis tirer les ficelles, et rêver de remettre les mains sur le Vénézuéla...? Je pense que c'est la, la clé pour comprendre ce qui se passe là-bas.

  • Gilbert Talbot - Abonné 2 février 2019 07 h 32

    Canada valet des USA

    L'auteur de cet article le reconnaît assez naïvement: le Canada a pris la direction du groupe de Lima, pcq les États-Unis ne peuvent pas le faire présentement, "pour ne pas donner l'impression qu'il s'agit d'une initiative américaine", pour protéger leurs intérêts ( comprendre ici: sortir la Russie du pétrole vénézuélien). Les États-Unis n'en sont pas à leur première tentative de coup d'État au Vénézuela contre Maduro et contre Chavez avant lui. Les malheurs économiques que vit présentement le Vénézuela ne sont pas uniquement dû à la chute des prix du pétrole. Les États-Unis y ont ajouté la pression nécessaire pour envenimer la situation.
    Ce n'est pas le seul pays d'Amérique latine à connaître le flageolet américain. Rappelez-vous du coup d'État contre le président Zelaya au Honduras, au Panama, en Grenade, contre Cuba, contre le Chili! En fait les États-Unis au cours de l'histoire á appuyé les dictatures de droite et tout fait pour éliminer les gouvernements de gauche, dits "communistes" même lorsqu'ils étaient élus démocratiquement, comme au Guatemala en 1954.
    La guerre froide se réchauffe tranquillement. Les États-Unis ont perdu leur influence au Moyen-Orient au détriment de la Russie. Ils veulent reprendre le terrain perdu au Vénézuela et le Canada est là pour les appuyer dans leur entreprise, en s'alliant avec des gouvernements d'extrême-droite comme Bolsonaro au Brésil et Trump lui-même. Shake on you Canada!

    • Pierre-Yves Guay - Abonné 3 février 2019 22 h 48

      Merci monsieur Talbot de remettre les pendules à l'heure.

  • Gilbert Troutet - Abonné 2 février 2019 07 h 34

    Rien à voir avec la démocratie

    Monsieur Yakabuski, vous aviez le droit de vous tromper au sujet de l'ambassadeur McCallum. Par contre, je trouve que votre article se contente ici, comme dans beaucoup de nos médias de masse, de propager la « version officielle » sur la situation au Venezuela.

    Pour ma part, quand j'ai appris que le « président autoproclamé » du Venezuela avait fait une visite secrète à Washington pour prendre conseil, j'ai eu immédiatement des doutes sur ses véritables motivations. On sait ce qui s'est passé auparavant au Chili, au Nicaragua, au Honduras... Dans presque tous les cas, les interventions des États-Unis visant à des changements de régime ont été motivées par des considérations commerciales et pour restaurer ou protéger les intérêts économiques américains. Dans de nombreux cas, ces interventions ont ouvert la voie à l’installation de dictatures. Au Moyen-Orient, les alliés arabes les plus proches des États-Unis sont une dictature militaire (l’Égypte) et des monarchies absolutistes, au premier rang desquelles l’Arabie saoudite.

    Il est regrettable que le gouvernement Trudeau ait emboîté le pas aussi rapidement à celui de Donald Trump. En effet, le soutien américain à Juan Guaidó comme « président intérimaire » ressemble à de nombreuses interventions des États-Unis pour parvenir à un changement de régime. Invariablement, ces interventions sont dirigées contre des gouvernements de gauche qui menacent les intérêts des entreprises américaines. Elles n’ont rien à voir avec la démocratie.

  • Fran?oise Labelle - Abonnée 2 février 2019 08 h 05

    Et ce sera mieux sous Gualdo?

    Cette question semble impertinente puisque personne ne la pose. Est-ce ce qu'on appelle la pensée unique?

    Si, avec l'élection de Gualdo, les USA relâchent leur pression économique et que le prix du pétrole repart à la hausse, on saura qui a affamé le peuple vénézuélien et dans quel but, il me semble. Sinon, qu'est-ce que Gualdo fera de plus dans la situation actuelle?

    Il est intéressant de noter que les pays ayant reconnu le président «auto-proclamé» (personne ne sourcille?) sont tous gouvernés par la droite ou le centre-droit. Sauf le Canada, mais qui s'assemble... Je compte bientôt me déclarer présidente auto-proclamé de la république québécoise.

  • เครดิต ทดลอง เล่น ฟรี 500 บาท

    Benoit Gaboury - Abonné 2 février 2019 08 h 32

    ?On sait maintenant qu'il n'en était rien?

    Je crains fort que cette immédiate reconnaissance d'un président «auto-proclammé» au Vénézuela ne vienne hanter longtemps le Canada. Jean Chrétien se dit fier aujourd'hui de ne pas avoir suivi aveuglément George W. Bush en Irak à la recherche des armes de destruction massive, ce qui aurait été une honte pour nous et nos médias. Ce que Chavez et Maduro ont voulu faire, c'est mieux redistribuer la richesse de leur pays, avec toutes les difficultés internes et externes que cela suppose. Évidemment les grosses compagnies américaines et étrangères y ont perdu leurs immenses profits, ayant à traiter avec un dirigeant qui n'était plus une marionnette. Et cet exemple de résistance aux Américains, donné par le Vénézuela, semble inadmissible pour l'oncle Sam, car s'il s'avérait que le peuple vénézuelien y gagne - c'est-à-dire d’abord les gens pauvres de ce pays - alors les autres pays d'Amérique latine risqueraient de leur emboîter le pas.
    Il manque à l'article de M. Yakabuski une perspective historique, l'explication de ce qui s'est passé au Vénézuela au cours des 50 dernières années, de même que ce qui s'est passé plus largement en Amérique latine qui a dû subir les pressions commerciales des États-Unis et leurs coups d'État.
    Il y a un bon débat, où l'on entend les deux points de vue dans ce conflit, à l'émission Interdit d'interdire, notamment sur la légitimité de l'élection de Maduro et sur cet «appui du groupe de Lima» qui semble bien moins unanime que ce que l'on en dit. https://www.youtube.com/watch?v=h6CRVP62ZBU&t=1625s