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à l’automne, Christie’s New York mettait pour la première fois en vente une oeuvre créée par l’เครดิต ทดลอง เล่น ฟรี 500 บาทintelligence artificielle. Du moins, c’est ainsi qu’on présentait Portrait of Edmond Bellamy, un portrait fantomatique qu’on croirait tout droit sorti d’une nouvelle de Maupassant, produit par Obvious, un collectif parisien se vantant d’avoir enseigné à une machine à créer sans intervention humaine. L’oeuvre, signée par un algorithme, a été vendue pour 432?500?$.

Sauf que l’affaire relève surtout du coup de marketing?: le procédé utilisé était en fait bien connu dans le monde du machine learning et on a exagéré l’autonomie du geste artistique de la machine. Pour générer le portrait, Obvious a simplement repris un code écrit par un adolescent américain, Robbie Barrat, qui, lui, ne touchera pas un sou sur la vente.

Il serait trop facile (et tentant) d’invoquer cette imposture pour discréditer toute démarche artistique intégrant l’IA. Sauf que l’art a bien raison de s’intéresser à une technologie qui, adossée à une quantité délirante de capitaux, fa?onne déjà notre monde. Tant qu’il le fait pour résister à la dissolution de la sensibilité humaine et des liens sociaux dans les systèmes et le pouvoir, du moins. Cet épisode révèle cependant la na?veté avec laquelle on aborde l’intelligence artificielle, qu’il soit question d’art ou de pure business.

Apprenant que Christie’s vendait une oeuvre générée par l’intelligence artificielle, on a claironné que ??l’IA débarque dans le monde de l’art??, pour ensuite gloser superficiellement sur ??la créativité de la machine??, ne soulignant pas que ce type de création nous convie d’abord à une réflexion sur la créativité humaine. Pointer le ciel, regarder le doigt?; c’est la norme, semble-t-il, lorsqu’il est question d’IA.

Nous le voyons chez nous, alors que Montréal se transforme en ??p?le d’innovation?? pour cette industrie, sous les auspices du trésor public. On célèbre candidement l’arrivée des technos, rompus que nous sommes à la vulgate du progrès, et à court d’arguments à opposer aux promesses de croissance économique. Qui oserait être contre la vertu, ou pire, contre le capital?? Pour se donner un air averti, on se dit plut?t sensible aux ??possibles dérapages??, répétant qu’il faut être attentif aux implications éthiques du développement de l’IA — ce qui sert surtout à ne pas aborder l’économie politique de cette industrie.

à échelle humaine, c’est pourtant ce qui compte — si bien s?r les humains nous intéressent encore, ce dont je doute souvent. Partout où il se déploie, le secteur des technologies de pointe impose son écosystème, lequel s’harmonise bien mal avec la vie des collectivités, où des gens ayant un intérêt pour les nouvelles technologies proportionnel à l’usage réel qu’ils en font tentent d’aménager leur existence en commun.

Lundi, เครดิต ทดลอง เล่น ฟรี 500 บาทon inaugurait les bureaux de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila), dans le Mile-Ex. à un jet de pierre des ateliers Belleville, dont je vous parlais récemment, qu’on va raser pour construire des infrastructures du p?le de l’IA. Présent, le ministre de l’économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, s’est empressé de rappeler que son gouvernement veillait au développement ??éthique et moral?? de l’intelligence artificielle. On comprend toutefois que ce souci éthique et moral n’inclut pas, par exemple, la pression effectuée par le développement de ce secteur sur le co?t de la vie dans la métropole, ou le risque, pour une collectivité, d’être ainsi placée à la remorque d’un secteur misant sur la compétition, la flexibilité et la spéculation, qui socialise l’essentiel des co?ts et privatise ses gains. Rien à ce sujet. Et de toute fa?on, on ne lui a pas posé la question. à peine le ruban coupé, on parlait de la nécessité d’investir plus pour soutenir la croissance à long terme.

La semaine dernière, votre Devoir rapportait qu’une résidence d’artiste sur l’intelligence artificielle, dont les entreprises Google et Element AI sont partenaires, peine à attirer les candidatures. On semble mystifié par le fait que les artistes ne se ruent pas sur l’occasion, ce qui contribuerait soi-disant à construire une alliance entre l’industrie de l’IA, les artistes et les citoyens.

Mais de quelle nature est cette alliance qu’on imagine, au juste?? S’agit-il de plaquer les intérêts d’un secteur économiquement névralgique sur la pratique artistique et la vie citoyenne, pour lui donner des airs socialement respectables??

Si l’art, lorsqu’il se saisit de l’IA, peut nous renseigner un peu plus sur la créativité humaine, il faudrait aussi se demander comment ces industries, en l’état, peuvent réellement nous aider à répondre aux besoins d’une collectivité. La réponse décevrait sans doute les plus techno-enthousiastes d’entre nous.

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  • Jacques Gagnon - Abonné 1 février 2019 01 h 32

    Panurge

    À cycles réguliers, les décideurs et les dépenseurs de l'argent des autres se rencontrent, et tout ça est savamment orchestré par des lobbies. Ils ont de nouvelles idées pour nous sortir des cavernes. Les excités de la chronique s'y mettent et tels les moutons de Panurge, tous s'en vont se jeter sur la nouvelle prometteuse techno et sur le fric que l'on se doit d'investir pour rester sur la coche, bien sûr c'est le vôtre.

    On dépensera des millions pour offrir des planques à des centaines de parasites qui ne savent transformer leurs idées en argent, mais qui veulent rester bien au chaud dan leur tour dont on ne réclamera plus les comptes. Ils vont offrir leurs technologies à tous ces naïfs entrepreneurs qui auront eu la témérité d'embarquer dans l'arnaque. Mais on aura des centres internationaux et des concentrations ultra-concentrées de cerveaux pleutres. Tellement que cela ressemblera à des blocs de gélatine.

    Puis arrive l'hiver de ces ballons mous, qui dégonflent alors en silence, en attendant l'apparition de la nouvelle idée, ou de la même affublée d'un autre nom. Et on reste avec ces infections de parasites qui luttent pour leur éternité. Dans la série, se succèdent le big data, les drones, les robots (encore), l'intelligence artificielle, le deep learning, toutes choses dont tous causent sans savoir de quoi ils parlent.

    Au moins avec ses repasse-limaces, son tabouret à glace, son ratatine-ordures, ou le canon à patates, Boris Vian ne professait pas de flamber l'argent des autres et de détruire son identité, Montréal maintenant devenue un monstre plein de cubes de Jello.

  • Denis Paquette - Abonné 1 février 2019 04 h 25

    est ce que ca apporte des solutions ou au contraire va nous faire vivre une impuissance que l'humanité a deja connue

    il faudra bien un jour savoir ce que ca apporte de tres différent ou ce que ca ne rapporte d'aucune facon

  • Claudine Lamothe - Abonnée 1 février 2019 09 h 10

    Quelle réflexion tout à fait à point... merci !

    Pour ceux qui sont intéressés à en savoir plus sur le Portrait of Edmond Belamy, le dernier balado de The Guardian (anglais) en font un très bon exposé :

    https://www.theguardian.com/technology/audio/2019/jan/18/can-a-computer-be-creative-chips-with-everything-podcast

  • Bernard Terreault - Abonné 1 février 2019 09 h 18

    J'aurais aimé

    que cet article m'explique comment précisément l'IA aurait 'créé' cette oeuvre. Comment ce logiciel (écrit par un jeune humain en bonne et dûe forme et doué d'une intelligence ...naturelle) a engendré une image. Beaucoup de ce qui se dit sur l'IA, à part les applications bébêtes comme collecter des données sur les gens en vue de marketing, reste mystérieux pour moi. Pourtant je me pense doué d'un esprit scientifique, avec Ph.D. et longue carrière de chercheur en sciences physiques et utilisateur chevronné d'informatique depuis presque 70 ans!

    • David Huggins Daines - Abonné 1 février 2019 11 h 38

      À la base, il s'agit d'un modèle très puissant de mémorisation et d'association. On construit une répresentation des structures visuelles de l'art, lié à une classification par sujet, style, artiste, etc., à partir d'une enorme quantité d'images. Plus tard on roule le modèle "à l'envers" en choisissant aléatoirement parmi ses "mémoires" qui sont activés soit par une déscription d'une scène ou par un autre image que l'on veut récréer avec le style appris par le modèle.

      La technique en question ici s'appelle un réseau antagoniste génératif - sa fonction c'est d'assurer que ce qui est généré ressemble à une vraie création artistique. Ça fonctionne un peu comme un étudiant pressé ou malhonnête qui écrit un essai en faisant une pastiche de plagiat et de citations, mais qui s'efforce de réécrire juste assez pour que le tout ait l'air assez cohérent et original. Cette deuxième partie se fait avec un deuxième modèle qu'on peut imaginer comme le professeur qui essaie de détecter le plagiat et que l'étudiant apprend à tromper.

    • André Joyal - Abonné 1 février 2019 22 h 07

      M.Terreault : doit-on comprendre que vous avez plus de 90 ans? Bravo!

  • Fran?ois Poitras, La Bo?te Noire - Abonné 1 février 2019 13 h 38

    "Art de la destruction" ?

    Pablo Picasso, l'artiste le plus prolifique du vingtième siècle a dit : "Tout acte de création est d'abord un acte de destruction"