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SéRIE / Une forêt à conna?tre !
Photo: INNOFIBRE
Tous reconnaissent l’importance du secteur forestier dans l’économie. L’aménagement durable, l’environnement et la biodiversité sont autant de sujets abordés à l’automne dans cette série d’articles du Groupe Capitales Médias : ??Une forêt à conna?tre??. Mais que sait-on des nouvelles technologies qui permettent de produire davantage, tout en utilisant moins d’arbres?? Des innovations visant à optimiser la ressource?? De la contribution du milieu forestier à la lutte contre les changements climatiques?? Des spécialistes et des acteurs de l’industrie ont beaucoup à partager afin de mieux faire conna?tre la forêt, qui représente presque la moitié de la superficie totale du Québec.

Johanne Fournier
Collaboration spéciale

MATANE — ??La forêt, c’est notre ressource principale. Notre vie et notre industrie sont basées sur la forêt. La technologie, c’est au c?ur de notre mission, c’est ce qui nous anime. Quand on coupe un arbre dans la forêt, il faut aller chercher chaque molécule de l’arbre. C’est de cette fa?on qu’on pense. C’est une quête constante.??
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Voilà la fa?on avec laquelle le président et chef de la direction de FPInnovations résume les valeurs de son centre de recherche privé, l’un des plus grands au monde. ??C’est fascinant de voir le niveau de haute technologie qu’on a dans l’industrie forestière et dans toutes les entreprises secondaires qui en découlent??, souligne Stéphane Renou. FPInnovations déploie son expertise au sein de quatre grands secteurs d’activités?: les opérations forestières, les produits du bois, les pates et papiers ainsi que la bioraffinerie.

Dans le domaine des opérations forestières, l’organisme développe la télédétection. ??On envoie une série de drones dans les airs qui vont faire une photographie de la forêt dans tous ses détails, explique M.?Renou. Ils répertorient chaque arbre pour nous dire sa grandeur, son nombre de tiges, son branchage, sa grosseur, sa position, son espèce. ?a nous permet de gérer la forêt à partir d’un environnement de réalité virtuelle.??

FPInnovations, qui compte plus de 430 employés et qui possède des bureaux et des laboratoires de recherche dans plusieurs villes, dont Québec, Montréal et Vancouver, développe des procédés visant à optimiser l’accès à la fibre. Les opérateurs de machines en forêt, qui doivent parfois travailler dans des pentes de 40, 50, voire même de 60?%, s’exposent à de grands risques. ??On regarde comment on peut augmenter la sécurité des opérations en utilisant plus de capteurs, plus de robotique, plus d’opérations automatisées, indique le président du centre de recherche. Cela aide également l’industrie, qui a de la difficulté à recruter des gens qui veulent faire ce type de travail.??
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Crédit : Photo fournie par FPInnovations
Pour pallier la pénurie de camionneurs forestiers, FPInnovations a récemment fait une démonstration de platooning [circulation en peloton]. ??On fait des systèmes de guidage automatique, où les camions peuvent se suivre, décrit le dirigeant. Il y a un chauffeur dans le premier camion et dans l’autre, on développe des technologies pour qu’il n’y ait plus de conducteur et que le camion suive celui qui est en avant de fa?on automatisée.??

? Du c?té des produits du bois, FPInnovations cherche à utiliser tous les sous-produits de l’arbre?: l’écorce comme pesticide ou comme agent chimique, les sciures et les copeaux dans la bioéconomie. L’institut de recherche aide l’industrie des pates et papiers à transformer des bioproduits. La cellulose de la fibre peut remplacer le verre dans la fibre de verre. On peut aussi l’utiliser comme isolant dans la construction ou comme fortifiant dans le béton. La lignine, qui est une autre molécule de la fibre de bois qui s’apparente à une gomme plut?t collante, peut servir comme liant en bordure des routes.

Quand les déchets de l’un deviennent la matière première de l’autre

?MATANE — ??Lorsque du bois conna?t une première fin de vie, on voit à lui en trouver une deuxième. Les déchets d’une entreprise deviennent la matière première d’une autre.?? Voilà comment Gilles Bernardin illustre les valeurs du Regroupement des récupérateurs et recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec (3RMCDQ), dont il est le directeur général.

??Notre mission est de recevoir des matériaux qui viennent de chantiers neufs ou de démolition et d’essayer d’en retirer toutes les matières qui peuvent avoir une deuxième vie??, continue-t-il. Située à Lac-Mégantic, l’entreprise Tafisa, qui fabrique des panneaux de particules, en est un bel exemple. ??Bon an mal an, cette entreprise-là réutilise plus de 400?000?tonnes de bois recyclé??, indique M.?Bernardin. L’entreprise utilise du bois, le déchiquette finement et colle les particules pour en faire des panneaux. Elle utilise aussi des copeaux de bois. Pour en arriver à une certaine granulométrie, des entreprises comme Tafisa doivent recourir à des équipements hautement mécanisés.
Crédit : Photo fournie par 3RMCDQ
Au chapitre des matières recyclables, l’implantation de robots et de détecteurs automatisés est encore très timide dans les centres de tri du Québec. ??à l’international, il existe des cha?nes de tri avec des lecteurs optiques??, indique Gilles Bernardin. Le retard qu’accuse le Québec par rapport à cette technologie s’explique, selon lui, par le faible volume de matières à recycler et l’absence de marchés de proximité. ??En bas de 100?000?tonnes par année, l’investissement n’est pas justifié, quand on considère qu’un robot avec des détecteurs optiques et une programmation peut co?ter 1?million??, estime le directeur général du 3RMCDQ.

Pendant ce temps, Waste Robotics, dont le siège social est à Québec, a développé une technologie robotique avancée pour les débris de construction, de rénovation et de démolition, ainsi que d’autres types de matières recyclables. ??Avec un lecteur optique et l’intelligence artificielle, cet appareil-là, à force de trier, va développer ses propres reconnaissances pour identifier les choses??, explique M.?Bernardin.
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Des technologies pour valoriser l’industrie papetière

MATANE — Innofibre développe de nouveaux produits à partir des pates et papiers. Le centre de recherche de Trois-Rivières se spécialise notamment dans le bioraffinage. Son expertise porte principalement sur les conversions thermochimiques de la biomasse pour en faire de la bioénergie, des biocarburants et du biocharbon.

???On valorise toutes sortes de biomasses, que ce soit la biomasse forestière, agricole ou algale, souligne le directeur de l’organisme de recherche, Jean-Philippe Jacques. On essaie toujours d’en sortir le meilleur de chaque résidu organique que nous trouvons.?? Avec la biomasse de moins bonne qualité, il est possible de faire du biocharbon.

??On peut l’activer et ?a peut être utile à l’extraction de l’air et à la filtration de l’eau, explique Martin Dubé, enseignant-chercheur chez Innofibre. Pour le plastique, on peut utiliser un biocharbon qui va remplacer une résine qui vient du pétrole.??


Innofibre s’intéresse aussi aux extractibles forestiers. ??On réutilise les équipements papetiers pour faire l’extraction de molécules d’intérêt pour développer des produits à valeur ajoutée, explique M.?Jacques. On travaille également sur les microalgues parce qu’on récupère les équipements papetiers pour en faire la culture et la déshydratation.?? Ce Centre collégial de transfert technologique du Cégep de Trois-Rivières s’intéresse aussi aux papiers de spécialité et aux papiers bioactifs. ??Dans l’emballage, ?a pourrait remplacer les plastiques??, donne comme exemple son directeur.
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Le directeur de l’organisme de recherche, Jean-Philippe JacquesCrédit : Photo fournie par Innofibre
Innofibre contribue à la pérennisation de la forêt. ??On valorise l’arbre dans son entier, soutient M.?Jacques. Même pour le petit bois et la tête de l’arbre, on est en mesure de trouver des produits pour les valoriser.?? Pour parvenir à développer tous ces produits, le centre de recherche dispose d’équipements de pointe paramétrés visant à recueillir de l’information. Il possède aussi des laboratoires visant à analyser la matière brute.

?Quelques chiffres??
430 employés
FPInnovations
33 employés
Innofibre
250 membres
3RCMDQ

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun r?le dans la production de ce contenu.